POMPON FRANÇOIS (1855-1933)

Né en 1855 à Saulieu, en Bourgogne, le sculpteur François Pompon accède brusquement à la gloire à l’âge de soixante-sept ans grâce à l’Ours blanc qu’il expose au Salon d’automne de 1922. Cette reconnaissance tardive du public couronne une carrière typique du XIXe siècle, qui ne doit pas cacher des inventions plastiques originales, préfigurant certains traits de la sculpture moderne.

Originaire d’une famille d’artisans bourguignons, Pompon commence par être apprenti tailleur de pierre à l’âge de quinze ans, puis il entre comme élève à l’École nationale des arts décoratifs en 1875 et s’installe ainsi à Paris, où il vivra jusqu’à sa mort. Il présente ses premières sculptures, deux portraits, au Salon de 1879, puis il continue à y exposer au fil des années, sans acquérir une grande notoriété. Pompon doit par conséquent louer ses services de sculpteur-ornemaniste ou de praticien à de nombreux sculpteurs – Falguière, Dampt et Rodin entre autres. Dans ses souvenirs, il reconnaît notamment l’importance esthétique de son passage dans l’atelier de Rodin autour de 1890, atelier que fréquentent Camille Claudel et Bourdelle et plus tard Brancusi. Par la suite, Pompon devient le praticien presque exclusif du sculpteur René de Saint-Marceaux (1845-1915). Tout en étant ainsi pendant quatre décennies un artisan salarié mettant son habileté technique au service de statuaires célèbres, Pompon poursuit, dans ses moments de liberté, une quête artistique personnelle. Après ses portraits, il cherche à s’imposer en présentant au Salon des artistes français de 1888 une statue de Cosette grandeur nature. Malgré sa référence prestigieuse à Victor Hugo et son réalisme sentimental, cette création ne remporte pas plus de succès que ses autres œuvres antérieures à 1900.

L’intérêt du public et la reconnaissance de ses pairs ne commencent à se manifester qu’avec le choix des thèmes animaliers, qui occupent une part grandissante dans son travail à partir du début du XXe siècle. Ce goût pour les animaux s’inscrit dans une tradition sculpturale fort vivante, au moins depuis Barye, et correspond à un véritable marché. Il permet aussi à Pompon de travailler sur le modèle, au jardin des Plantes par exemple, tout en étant libéré des conventions académiques qui régissent la figuration humaine. De 1900 à 1920, l’artiste élabore progressivement un langage sculptural particulier. Il désire rendre avec fidélité la silhouette et l’attitude des animaux qu’il étudie de près, à la fois dans leurs mouvements et dans l’exactitude de leur anatomie, mais il souhaite aussi créer des volumes pleins d’où sont soigneusement exclus les détails superflus. Sa Taupe (musée Pompon, Saulieu), taillée directement en pierre, est remarquée au Salon des artistes français de 1908. Mais c’est principalement comme modeleur que Pompon se fait connaître. En modelant la terre puis le plâtre, il lisse progressivement l’épiderme de l’œuvre et supprime les éléments inutiles de manière à favoriser les jeux de lumière sur des formes essentielles et concentrées, dans un esprit proche de Brancusi. Chaque animal devient pour lui une épure dont le caractère dépouillé est accentué par la blancheur du plâtre.

Pompon est réellement « découvert » dans les années 1920, au moment où son goût pour les formes pleines et stylisées s’inscrit dans le « retour à l’ordre » dominant, auquel contribuent même des cubistes modérés comme Zadkine et Lipchitz. Il obtient dès lors un véritable succès, tant intellectuel que commercial. On lui consacre de nombreux livres, sa notoriété s’étend à l’étranger et ses sculptures se diffusent en grand nombre. À partir d’un modèle en plâtre, Pompon fabrique des « multiples » dans plusieurs matériaux : la pierre, le bronze ou le biscuit de porcelaine grâce à la Manufacture de Sèvres. Ainsi dénombre-t-on, pour l’Ours blanc, un original en marbre (musée des Beaux-Arts, Dijon) et douze répliques, plus de vingt bronzes, des centaines de biscuits, etc. Cette importance de Pompon dans le monde artistique français de l’entre-deux-guerres justifie qu’un an après sa disparition, en 1934, il soit ouvert à Paris un musée portant son nom, dans la galerie de botanique du Muséum d’histoire naturelle. Ensuite, il sombre progressivement dans l’oubli jusqu’aux années 1980, avant d’être remis à l’honneur par le musée d’Orsay, qui lui consacre une rétrospective en 1994 et publie à cette occasion le catalogue raisonné de son œuvre.

Magnifique épreuve ancienne en bronze à patine noire nuancée de brun vert.
Signée sur la terrasse au bout de la queue à droite. Editée par C.Valsuani du vivant de l’artiste à cire perdue à partir de 1925. cachet de C.Valsuani sur la tranche de la terrasse à l’arrière du bronze.
Bibl. : C.Chevillot, L.Colas, A.Pingeot. Catalogue de F.Pompon. Ed.Gallimard 1994. n°133, p. 215 et pl.7.
H.14,2 x L.32,1 x p.6,2 cm.

.

Editions Abbate-Piolé

A propos de nous

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetuer adipiscing elit, sed diam nonummy nibh euismod tincidunt ut laoreet dolore magna aliquam.

Where we are
© 2016 Art Animalier - All Rights Reserved