MARC FRANZ (1880-1916)

Parmi les artistes du Blaue Reiter, Franz Marc fut incontestablement le peintre le plus lié à la figuration et au naturalisme. Cependant, le travail qu’il accomplit sur la forme et sur l’espace permet de le situer à la confluence des tendances cubiste, futuriste et expressionniste. Il a été, en effet, avec Feininger et Macke, l’un des artistes les plus ouverts aux acquis des avant-gardes internationales. D’autre part, Marc, curieusement obsédé par le thème des animaux, créera une iconographie originale, dont la valeur symbolique n’a pas d’égal au sein même de l’expressionnisme allemand.

Petits Chevaux jaunes, huile sur toile. Staatsgalerie, Stuttgart, Allemagne.

Né à Munich, Marc avait grandi dans un milieu d’artistes, car sa famille comptait déjà deux générations de peintres. En 1900, il entra à l’Académie des beaux-arts de Munich et, quelques années plus tard, il tenta des expériences impressionnistes et symbolistes. Vers 1912, il exécutait des œuvres encore figuratives, en essayant toutefois de se détacher de la tridimensionnalité grâce à une gamme chromatique particulièrement intense. Les Chevaux jaunes (1912, coll. part., Berlin) soulignent, d’une part, l’existence d’une recherche décorative et, d’autre part, une valeur particulière accordée au contraste de couleurs pures. Les formes des animaux sont traitées comme un paysage et, d’ailleurs, elles épousent les contours des lointains. La composition révèle également un sentiment panthéiste de la nature, ultime refuge pour l’homme qui vit tragiquement sa destinée sociale. Nous pouvons mesurer le chemin parcouru par l’artiste en comparant cette toile à un autre tableau, Les Trois Chevaux (1911, coll. part., États-Unis), qui le précède d’une seule année, mais qui présente des aspects beaucoup plus conventionnels : progressivement, au cours des années 1911 et 1912, l’homme disparaît de l’iconographie du peintre et le monde animal, substitut symbolique riche en implications psychanalytiques, prend le pas sur les formes humaines. Dans ces mêmes années, l’artiste participe activement aux travaux du Blaue Reiter et de la Neue Künstlervereinigung (la N.K.V., nouvelle fédération d’artistes). L’identification du peintre au monde animal s’accentue dans des œuvres telles que Chevreuils dans le bois (1913, musée de Karlsruhe), tableau bâti selon le système d’interpénétration de lignes-forces utilisé par les futuristes italiens.
Vers 1914 apparaît chez l’artiste une nette tendance à l’abstraction, attitude qui a pu être inspirée par l’œuvre de Kandinsky (Formes en lutte, 1914, Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Munich). Toutefois, la présence d’éléments organiques identifiables souligne l’existence d’attaches avec le réel, liens que l’artiste voulait à tout prix maintenir. Certaines œuvres de 1915-1916 laissent présager une nette évolution vers une abstraction géométrique proche des toiles de Severini ou de Balla. Mais Franz Marc meurt pendant la bataille de Verdun.

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Editions Abbate-Piolé

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