FREMIET EMMANUEL (1824-1910)

Sculpteur français. Emmanuel Frémiet ne reçut pas sa formation artistique à l’École des beaux-arts : avec Rodin et Dalou, il fut en effet l’un des sculpteurs importants du XIXe siècle dont l’éducation eut lieu à la « Petite École » (école spéciale de dessin). Il se perfectionna ensuite dans l’atelier de son oncle Rude. Élu à l’Académie des beaux-arts, il connut ainsi une carrière officielle avec les commandes et les nombreux succès qu’elle entraînait.

Artiste secret et réservé, Frémiet travailla à l’écart des controverses artistiques et des positions radicales. Il participa aux salons des années 1840 et, jeune encore, fut remarqué par des critiques clairvoyants, Baudelaire en particulier. Tôt dans sa carrière, il s’engagea dans une voie rendue redoutable par la présence de Barye : la sculpture animalière. Toutefois, il ne se mesura pas avec Barye, car son intérêt pour l’animal est autre : il étudie de préférence à la bête sauvage l’animal domestique, qu’il n’isole pas du milieu humain et qu’il observe dans ses aspects pittoresques et familiers, au travail, dans la rue ou au cirque. Frémiet eut de l’animal domestique une connaissance qu’aucun sculpteur de son temps n’égala ; il surpassa par exemple tous ses contemporains dans l’étude du cheval, et les monuments équestres qu’il exécuta avec une science impeccable de l’animal et des attitudes du cavalier restent les plus remarquables du siècle : Louis d’Orléans (château de Pierrefonds), Jeanne d’Arc (place des Pyramides, Paris). Il créa, de plus, un grand nombre de statuettes et de groupes de petit format pour le marché de la sculpture d’édition, qu’il traitât avec des fondeurs-éditeurs ou qu’il éditât et vendît lui-même ses bronzes. En outre, il joua un rôle de premier plan dans le développement de la statuaire décorative associée à l’architecture. Dans ce domaine, il intégra avec bonheur l’animal dans des compositions ambitieuses, souvent de caractère allégorique ou fantastique. Il y déploie une invention poétique délicate – Saint Michel (église du Mont-Saint-Michel) – et une connaissance approfondie des acquis de son temps sur les sciences de la nature : Gorille enlevant une négresse (1859, détruit), Gorille enlevant une femme (1887, musée des Beaux-Arts de Nantes), Orang-outang et Sauvage de Bornéo et autres œuvres appartenant à la décoration intérieure et extérieure du Muséum d’histoire naturelle à Paris. On peut admirer sur le parvis du musée d’Orsay le Jeune Éléphant pris au piège (bronze, 1877-1878) commandé pour le bassin du premier palais du Trocadéro bâti pour l’Exposition universelle de 1878 à Paris. L’art de Frémiet évite l’outrance et le lyrisme, bien qu’il puisse dans certaines statuettes exprimer des sentiments poignants : Jeanne d’Arc à genoux, Credo.

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Editions Abbate-Piolé

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