BARYE ANTOINE LOUIS (1796-1875)

 

L’art de Barye est avant tout associé à la sculpture animalière dont il fit pendant près d’un demi-siècle un genre artistique supérieur.


Tigre dévorant un gavial, A. L. Barye
Antoine Louis BARYE, Tigre dévorant un gavial, bronze. Musée du Louvre, Paris.

Sa carrière fut dans son ensemble aisée, même si elle dut se développer en marge des milieux artistiques officiels. Barye se forma à l’école de l’orfèvrerie de luxe, concourut plusieurs fois, sans succès, pour le premier grand prix de sculpture à l’École des beaux-arts, puis abandonna cette voie. Il reçut toutefois des commandes officielles et bénéficia du patronage de grands amateurs, particulièrement celui du duc d’Orléans pendant les années 1830. Dès cette époque, et plus tard sous le second Empire, il fut remarqué par plusieurs architectes qui l’employèrent dans des programmes importants, l’achèvement et la décoration extérieure du Louvre par exemple.

Longtemps professeur de dessin au Muséum d’histoire naturelle, Barye ne fut appelé à l’Académie des beaux-arts que tard dans sa vie, en 1868. Ainsi, sa carrière se trouva naturellement liée aux préoccupations et aux avatars de milieux artistiques encore mal connus : celui des orfèvres et des dessinateurs créateurs de modèles, et celui des fondeurs, industriels, artisans et ouvriers du bronze. Il aida d’ailleurs ces derniers à s’organiser en sociétés professionnelles. Cet aspect de la carrière de Barye est remarquable, car il innova dans le domaine des procédés créateurs et commerciaux pratiqués par les sculpteurs de son temps. Pour protéger l’invention et les intérêts financiers de l’artiste face à la commande officielle ou privée et aux éditeurs et industriels de la sculpture, il voulut éditer lui-même ses modèles. Il réussit pendant des années à administrer sa propre fonderie, encore qu’il fût parfois obligé de confier l’exécution et la vente de ses modèles à des fondeurs et à des éditeurs. Il aliéna ainsi, dans une mesure difficile à apprécier, son droit de regard sur l’exécution des bronzes, ce qui explique la qualité inégale des fontes – épreuves anciennes et épreuves posthumes – qui portent sa signature.

L’animal, généralement l’animal sauvage, occupe dans l’œuvre de Barye une place prépondérante. Il l’observe au repos, mais surtout en lutte avec ses semblables ou affronté à l’homme, bref, préoccupé de sa survie. L’idée novatrice de Barye fut d’exploiter dans son art ces situations de conflit. Elle était de nature à nourrir la réflexion des romantiques et à entraîner leur admiration alors qu’eux-mêmes s’efforçaient de comprendre les structures du monde naturel et son vitalisme. Au même titre que la nature sauvage, l’animal représente pour Barye – comme pour les romantiques – un aspect essentiel, encore intact, de la création mais, comme cette dernière, menacé par l’homme et par les progrès de la société industrielle.

Barye, qui fut l’un des plus grands anatomistes de son temps – ses dessins animaliers cotés suffiraient à le démontrer -, étudia l’animal avec une précision scientifique qu’aucun artiste avant lui n’avait recherchée ni atteinte. Il poussa si loin l’observation de l’animal qu’il parvint à traduire la diversité des expressions les plus momentanées, les plus frappantes et les plus vraies du drame zoologique.

Ses nombreux bronzes de petit format et de veine réaliste, animaux seuls ou groupes, ne doivent pas faire négliger d’autres aspects de son art. Barye créa des compositions monumentales – Lion au serpent (Louvre) -, certaines extrêmement ambitieuses : Chasses du Surtout du duc d’Orléans (bronze, éléments dispersés). Outre ces groupes exotiques, des œuvres au charme attachant expriment l’imagination historique, pittoresque, ou familière du romantisme : Charles VII, Amazone, costume 1830. Barye exploita aussi le merveilleux cher aux romantiques, Roger et Angélique montés sur l’Hippogriffe. Il traita à l’occasion la figure humaine dans des compositions monumentales, usant alors d’un style plein : ainsi la Sainte Clotilde pensive qu’il exécuta pour l’église de la Madeleine, à Paris, et les groupes allégoriques puissants de La Guerre, La Paix, La Force et L’Ordre réalisés pour la décoration extérieure du palais du Louvre sous le second Empire..

Editions Abbate-Piolé

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